Forum des freegans


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#1 10-05-2015 10:57:17

victeur
Glaneur
Lieu: PARIS
Date d'inscription: 24-12-2007
Messages: 8

Article de VSD sur LA CROISADE DES ANTI-GASPI

Voici l'article du magazine VSD (que j'ai trouvé dans une poubelle et dont j'ai perdu la date de parution)

 

VSD a écrit:

Le collectif des Gars'pilleurs redistribue la nourriture glanée dans les poubelles. Une consommation à la limite de la légalité.


Ce 26 décembre, c'était distribution gratuite de nourriture sur les Champs-Elysées. Les badauds et les touristes en goguette n'en revenaient pas de voir ces étals de barquettes de viande, fruits, yaourts, gâteaux et autres croquettes pour animaux offerts à qui en voulait. «Au début, les gens soupçonnent une arnaque», s'amuse Lola, l'une des cofondatrices du collectif les Gars'pilleurs. Ensuite, ils nous disent : «C'est bien, ce que vous faites, mais ce serait mieux de donner aux gens qui en ont besoin.» Seulement la vocation du collectif n'est «pas défaire du caritatif», précise Lola, c'est de dénoncer les gaspillages de l'agroalimentaire.

Des denrées jetées pour faire de la place et non parce qu'elles sont périmées

Le concept : redistribuer aux consommateurs ce rebut dont le coût est inclus dans le prix de vente des marchandises. « On leur rend un peu de leurs thunes, explique Guillaume, autre cofondateur. La plupart du temps les gens, convaincus, emportent quelque chose.» «Rien ne se perd. Tout se récupère ! » est le slogan des Gars'pilleurs. Et leur logo, une pomme rouge maquillée en tête de mort, arborée lors de leur Gaspi'tour de France, fin 2014. Régulièrement, depuis leur création à Lyon il y a deux ans, les combattants anti-gaspillage récupèrent dans les poubelles des supermarchés les tonnes de nourriture dont les dates limites de consommation ne sont parfois même pas atteintes. «Souvent, ils jettent juste parce que de nouvelles commandes arrivent et qu'il faut faire de la place», explique Lola Et le moindre défaut exclut des étalages qui doivent être nickel toute marchandise suspecte : un filet de fruits dont l'un est légèrement abîmé, un pack de bières écorné... Un supermarché jette environ 200 tonnes de nourriture par an. Si une partie est donnée aux banques alimentaires, moyennant une défiscalisation, la plupart des denrées disparaissent dans les poubelles. Certaines sont même détruites dans des presses destinées à comprimer les cartons. Dans ces conditions, la « chasse aux trésors » se révèle parfois très fructueuse. Comme ce soir de nouvel an où les glaneurs, qui ne se nourrissent eux-mêmes que de produits de récupération, ont découvert un lot de dix-huit foies gras Labeyrie dans une poubelle, à Lyon. Ou encore, lors de leur Gaspitour à Lorient, des thons, des saumons, des huîtres à profusion. «C'était le jackpot! commente Lola. Et on n'a jamais été malades», précise aussitôt la jeune femme habituée aux questions inquiètes sur l'hygiène. «Il suffit de vérifier si les yeux ne sont pas vitreux, les ouïes bien rouges. Le collectif ne redistribue aux autres que les produits sous Cellophane », rassure-t-elle.

Mais la quête est aussi semée d'embûches, car la récupération des denrées est interdite (cf. encadré) dès lors que les poubelles se trouvent sur un terrain privé. Et les conteneurs des supermarchés sont souvent dans des enclos. «Nous sommes en désobéissance civile», confirme Maxime. La distribution de la nour¬riture ramassée, interdite, expose les contrevenants à 150 euros d'amende. Les membres du collectif agissent donc la nuit, changent régulièrement leurs prénoms. Et ne s'attardent pas sur leur profession. «Disons qu'il y a des étudiants, des salariés et des jeunes qui se cherchent, lâche Lola, qui aimerait enrôler de nouvelles recrues. La meilleure façon défaire prendre conscience aux gens de l'étendue du gâchis, c'est de les emmener dans les poubelles. »

Revoir entièrement l'organisation de la chaîne de distribution

Comme cette sexagénaire et sa fille converties à la prospection de poubelles. Ou ce SDF, « il nous demandait une pièce, on lui a proposé de nous accompagner. Il n'en revenait pas.» Le pillage des poubelles est soumis à des règles de civilité, comme celle de laisser les abords propres. «On a toujours avec nous un petit balai», précise Lola. Fin mars, le député PS Guillaume Garot présentera un rapport, commandé par le gouvernement, sur le gaspillage alimentaire. Un projet de loi destiné à contraindre les enseignes de plus de 1000 m2 à donner leur surplus était débattu le 5 février à l'Assemblée nationale. Si les Gars'pilleurs et d'autres collectifs comme Disco Soupe, Zéro-Gâchis et Ré-Bon se félicitent « que les élus s'emparent du problème», ils insistent sur la nécessité de revoir entièrement « l'organisation de notre chaîne production- distribution-consommation qu'il convient de repenser. » Quant au consommateur, il est prié de ne plus regarder une pomme de travers juste parce qu'elle n'est pas parfaitement calibrée.


LE PROCÈS DES RÉCUPÉRATEURS

Trois jeunes ont été jugés le 2 février, à Montpellier, pour avoir pris des denrées dans les conteneurs à déchets d'un hypermarché.

Deux Montpelliérains, Léa, 24 ans, et Adrien, 26 ans, ont été reconnus coupables de vol de nourriture périmée mais dispensés de peine. Le troisième prévenu, Mike, 32 ans, qui risquait une peine plus lourde pour avoir volé une voiture, ne s'est pas présenté à l'audience. Les faits remontent à la nuit du 27 mai 2014. Ce soir-là, les trois larrons récupèrent plusieurs sacs de nourriture dans les poubelles de l'Intermarché de Frontignan, après en avoir escaladé la grille. Ils sont interceptés à la sortie par la police et placés en garde à vue. Le jour de l'audience, le public venu soutenir les «criminels » avait fait salle comble. Au point que le procureur s'est autorisé un jeu de mots : «Cette affaire faille buzz car manifestement il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. » L'avocat des deux prévenus, Me Gandini, a plaidé « l'exception de l'état de nécessité » prévue par l'article 122 - 7 du code pénal qui donne le droit de récupérer des denrées périssables à condition qu'elles soient consommables. Les prévenus encouraient des peines allant jusqu'à sept ans de prison et 100000€ d'amende pour avoir «frauduleusement soustrait des denrées périssables avec date dépassée », la notion de vol étant par ailleurs retenue puisque les poubelles se trouvaient dans un lieu privé. Mais la direction de l'établissement ne s'était pas constituée partie civile.         SYLVIE LOTIRON

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"Je suis la poubelle pour aller manger, manger ...." Victeur d'apres la chanson de Sylvie Vartan

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#2 10-05-2015 13:08:55

tantvalacruche
Dynamiteur de compacteuse
Date d'inscription: 21-03-2014
Messages: 662

Re: Article de VSD sur LA CROISADE DES ANTI-GASPI

Bonjour,

Il y a pas mal de choses dans ton article.

Sur les Gars'pilleurs, je préfère m'abstenir. Lorsqu'ils ont fait un post ici en vue de recueillir des fonds pour leur gars'pitour, j'avais fait, après avoir hésité un moment, un commentaire assez long, pour leur donner mon point de vue. Il devait bien y avoir quelques vérités qui n'ont pas dû plaire dans ce que j'écrivais alors, parce que non seulement ils n'ont pas répondu, mais ils ont supprimé leur post, ce qui a eu pour effet de supprimer le commentaire. Je ne vais pas le reposter (j'en ai gardé une copie, j'avais comme un pressentiment big_smile) parce que je ne veux pas polémiquer. Pour parler généralement, je pense que toute ultra-médiatisation du freeganisme est nuisible au freeganisme. Et pour parler positivement des Gars'pilleurs, j'ai lu qu'ils avaient pris position contre la pétition Derambarsh, et là j'applaudis des deux mains.

Sur le buzz de Montpellier, maintenant. Je n'arrête pas d'écrire ici qu'il faut respecter la législation et ne pas franchir des clôtures ou ouvrir des portes de locaux à poubelles. La plupart de ceux qui le font savent très bien à quoi ils s'exposent, ce n'est pas de la "désobéissance civile", c'est un délit, point barre. A chaque procès, on se retrouve face aux mêmes clichés colportés par la défense et répercutés par les médias (misère, état de nécessité,...) qui eux aussi nuisent au freeganisme. Il vaudrait mieux se mobiliser pour faire évoluer le droit favorablement (il ne faudrait pas grand-chose) plutôt qu'au coup par coup pour ce genre de procès. Le problème, c'est que nous ne sommes pas suffisamment organisés pour effectuer un lobbying efficace sur les politiques. Du coup, on se retrouve avec des rapports Garot rédigés par de hauts-fonctionnaires qui ne savent même pas que nous existons...

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